vendredi 21 février 2014

Du sang et des Converse neufs

Je l'avoue. Je ne suis pas une infirmière conventionnelle toute vêtue de blanc au cheveux lichés et à l'allure ultra soignée. On me reconnaît à ma chevelure bouclée, souvent hirsute, mes lunettes de «wannabe» hipster (même si je les portais bien avant l'ère du hispterisme), mes Converse noirs et j'arbore parfois même mon hoodie de Carey Price. Parce que je l'aime Carey Price. Ça vous donne une idée du style. C'est la nuit, à l'urgence il fait froid, je vote pour le confort.

Je suis une infirmière très compétente vous saurez.
Oui, je tiens à le spécifier.

Cette nuit-là, on m'annonce un patient. Je suis dans l'aire des gens plutôt instables. L'aire du «on ne sait pas trop ce que tu as, mais ça semble sérieux ». Le patient en question, un homme de plusieurs printemps, perd connaissance et a des douleurs au niveau de sa poitrine. Dans ces cas-là, tu te mérites un cathéter intraveineux. Le calibre de course, tsé. Et là, je vois qu'une chose. Du sang qui gicle partout. PARTOUT. Notre charmant monsieur a une super pression artérielle. Je vous le garantis. Mais, tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que je constate que mes Converse NEUFS sont plein de sang. Gardons notre professionnalisme et tentons de stabiliser le dit patient. Sa pression chute, il devient blême, ma collègue est disposée à le prendre en salle de réanimation où il y a plus de personnel disponible. Alors je me concentre sur ma tâche, de le maintenir stable jusque-là. Mission accomplie. De retour au poste des infirmières, je panique un peu. Mes beaux souliers neufs. First world problem. J'en oublie presque la superficialité de la chose. Mais, avouons-le, ça enrage d'endommager quelque chose que l'on vient d'acheter.

C'est à ce moment que M avec qui je travaille me dit : PEROXYDE. VITE! Si tu veux que le sang parte. J'ouvre une bouteille et je la vide littéralement sur mes souliers. Au diable les pieds mouillés ! ÇA FONCTIONNE.

Cette nuit-là, LA nuit où le patient et les Converse ont été sauvés.

Cuba

Been there, done that. Pour la première fois, je suis partie à Cuba. Me croyant au dessus de tout, je m'étais dis que je partirais n'importe où, sauf ... à Cuba. Ne jamais dire jamais, qu'ils disent. Alors M et moi sommes parties en quête de soleil, de mer et de calme. Oui, de calme.

Autant vous le dire tout de suite. Je suis pleine de préjugés et je n'aime pas Cuba. La surconsommation d'alcool et de bouffe infect, les tribulations du Québécois moyen trop bronzé, les filles qui crient dans l'eau de peur d'avoir les cheveux trempés, les selfies sur le bord de la mer et les Cubains trop insistants. Pas CAPABLE. Désolée de vous heurter si vous aimez, mais c'est ma page, je fais ce que je veux.

J'ai donc dû laisser mes préjugés au Québec et ... ma dignité. Et ainsi, avoir encore une fois, mille et une histoires rocambolesques à raconter, au grand plaisir de J qui semble avoir beaucoup trop de plaisir à rire de moi. J c'est mon amie. À quelques exceptions près. Comme quand, dans une salle à café pleine, avec une équipe auprès de qui tu essaies de t'intégrer, elle s'exclame : « C'est LEQUEL celui-là ?» alors que tu lui parles de la personne que tu vois. J sait très bien de qui tu parles, mais tu deviens visiblement mal à l'aise, parce que tout le monde pense que tu fréquentes beaucoup trop de monde en même temps. Merci J.

Alors l'alcool. L'ALCOOL. Cette journée. Tsé, celle où tu te dis, aujourd'hui je ne bois pas. JE RELAXE. Faux. Entièrement faux. M et moi buvions tranquillement une sloche, sans alcool (je vous le jure) dans le lobby quand deux jeunes hommes nous ont interpellées pour se joindre à leur groupe. Deux Québécois. Un peu douchebags. J'aime pas les douches. Pleine de préjugés, je vous l'ai déjà dis.

Conclusion de cette «belle journée» : Boire. Jouer à «Je n'ai jamais». Dire beaucoup trop de choses compromettantes (mais ça, je le fais déjà à mon état naturel). Frencher tout le monde. Aller à l'encontre de mes valeurs. Plus tard, je dirai que j'avais les facultés affaiblies OU que j'étais jeune et folle. À votre guise.

Bref, la semaine s'est poursuivie dans la même veine. M et moi avons pris l'avion à 10 minutes du décollage en état d'ébriété et ne me demandez pas comment j'ai réussi à traverser les 3 files qui nous séparaient de notre vol et comment nous nous sommes retrouvées dans la classe élite.

Vivir mi vida. Oui c'est la vie. Merci Cheb Khaled.



Il faut que je me calme

Dans la vie, je me plais à dire à tous et chacun de se calmer. Soyons clairs. C'est de la projection. Pure et simple. Voilà, c'est dit. Je suis hyperactive. Je suis incapable de rester assise à ne rien faire. Alors je dis aux autres de se calmer.

Tout part de là. Tout m'arrive. TOUT.

J'ai 1000 histoires à raconter.

Je suis un divertissement.